[Lecture Manga] Carnage à la tronçonneuse

Après vous avoir présenté la sympathique série Amnesia, on continue dans le court et même très court cette fois ci avec ce One Shot intitulé « Carnage à la tronçonneuse » (Saitama Chainsaw Shoujo en V.O). Édité par Soleil Manga, on doit ce volume à 2 artistes japonais que sont Hiroshi Sakurazaka (au scénario) et Kagura Uguisu (au dessin) et qui signent ici un one shot au titre aussi évocateur que trompeur, un pur ovni à la japonaise comme eux seul en ont le secret.

Un style de dessin vraiment passe partout…

Derrière ce titre barbare se cache l’histoire de Fumio Kirisaki, une jeune lycéenne tout ce qu’il y a de plus banale qui adore lire des romans/mangas. Sans être ni particuliérement populaire, belle ou intelligente, elle parvient tout de même à se trouver un petit ami en la personne de Takumi, un jeune homme pour lequel elle à toujours eut des sentiments. Fumio vit donc une vie paisible de lycéenne lambda qui va s’écrouler le jour ou elle surprend Takumi dans les bras d’une nouvelle élève fraichement  arrivée au lycée. La jeune fille désemparée va alors totalement craquer et débarquer dans son lycée munie de la tronçonneuse familiale grâce à laquelle elle compte bien obtenir vengeance.

…mais quelques jolies images tout de même.

Avec un synopsis pareil on est en droit de s’attendre à un bon thriller psychologiquogore avec toutes les réflexions qui vont bien sur la société japonaise et ses déboires: brimades à l’école, difficultés d’exprimer ses sentiments, pression scolaire etc etc etc… Bref des thèmes qui, bien qu’ils restent intéressants, ont  été maintes fois vu et revu dans les mangas et dont vous ne trouverez aucune trace ici.
En effet ici point d’introspection et de pourquoi du comment de la folie mais juste une jeune fille éconduite qui pète un plomb et qui ramène sa tronçonneuse au lycée pour se venger. Mais là ou le bouquin va plus loin, c’est qu’en plus d’un fait de base deja bien barré, le scénariste en rajoute une couche avec un environnement encore plus barge et totalement décomplexé (le grand père texan qui transmet un art martial ancestral basé sur le maniement de la tronçonneuse, moi je kiffe totalement le principe) et va jusqu’à offrir un final totalement WTF sorti de nul part et d’inspiration Science Fiction. Si ce final pourra dérouter plus d’un lecteur, il a l’avantage d’être totalement justifié et en parfaite cohérence avec les événements qui le précède.

Ce passage ne sert absolument à rien, j’en cherche encore le pourquoi du comment.

Si j’ai totalement accroché sur le fond, je regrette malgré tout quelques écarts sur la forme. Je regrette tout d’abord un petit coté mielleux (certes loin d’égaler la niaiserie dégoulinante de cette merde de Twilight … oui c’est totalement gratuit ^^) qui n’a pas forcément sa place dans l’intrigue (ou pas de cette façon) et qui provoque une certaine longueur dans le récit. Mais ce que je regrette certainement le plus ce sont ces passages ( 2 en particuliers) présentés sous forme de flashback qui ne servent pour ainsi dire à rien si ce n’est à faire trainer les choses. A la rigueur le passage sur la rencontre entre Fumio et Takumi peut encore se justifier mais le délire mystique des vies antérieures (même si ça reste sympa à lire) reste totalement inutile. A coté de cela on se retrouve avec des passages qui aurait pu être assez marquant voir totalement classieux mais qui s’avère malheureusement trop court pour avoir l’impact qu’ils devraient (la scéne de carnage en particulier). Le final en pâti également et se retrouve expédié un peu à la va vite alors qu’il aurait largement mérité quelques pages de plus afin de le rendre un peu plus épique ( car il y avait matière à).

L’escrime à la tronçonneuse semble assez efficace et surtout très radical.

En ce qui concerne les dessins et la mise en scéne, l’ensemble est plutôt de bonne facture. Sans être une tuerie phénoménale, le style graphique du dessinateur reste agréable à l’œil malgré un coté un peu passe partout. Le design des personnages est également assez classique mais fait son office (j’ai un petit faible pour Fumio XD) et parmi le quatuor de personnages principaux, il n’y a finalement que Takumi qui s’avère assez plat et sans saveur. Dommage également que la nouvelle élève ne soit pas non plus d’avantage exploitée. Au niveau de la mise en scéne rien de spécial à redire, l’action est un poil trop rare mais suffisamment explicite pour être largement comprise. Pour pinailler je dirais malgré tout que si le dessinateur s’en sort plutôt dans la mise en scéne des combats « de bases » (façon assaut style « Kendo »), c’est un peu plus laborieux lorsqu’il s’agit d’établir une chorégraphie de combat. Les idées sont là mais le tout manque un peu de lisibilité, cela dit ce n’est pas spécialement dérangeant à la lecture. A noter également l’excellent travail d’édition de Soleil avec une chouette couverture sur laquelle on trouve une jolie police en relief du plus bel effet.

La mise en scéne un peu brouillonne de ce passage rends l’action difficilement compréhensible.

Vous l’aurez certainement compris, j’ai un vrai coup de cœur pour ce tome qui globalement à reçu mauvaise presse un peu partout ( mon libraire s’est vu retourné plusieurs exemplaires de ses clients et les différentes critiques que j’ai lu sont loin d’être élogieuse). Personnellement j’ai pris un certain plaisir à lire cette histoire qui n’est pas sans me rappeler certains films japonais totalement WTF (Versus, XCross ou encore Negative Happy Chainsaw Edge). Comme ces films, « Carnage à la Tronçonneuse » n’a pas vocation à véhiculer le moindre message ou à présenter différents aspects de la société nippone, pas du tout. Son seul et unique but est de permettre à un auteur d’exprimer son délire au travers d’une histoire dans laquelle on rentre ou on ne rentre pas. Il est donc clair que si vous cherchez du réaliste et du probable avec de la vrai psychologie dedans, vous devez absolument passez votre chemin mais pour ceux qui comme moi ne craigne pas le n’importe nawak à la japonaise alors je pense que vous y trouverez votre compte. Prenez garde cependant car le risque de rester sur sa faim est assez forte. En ce qui me concerne je trouve que ce serait un excellent prologue pour un projet plus ambitieux allant dans le sens de la fin (et qui ne verra malheureusement jamais le jour).

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