[Test] Killer is Dead

killerAprès avoir adoré Shadow of the Damned et dans une moindre mesure Lollipop Chainsaw, j’attendais avec impatience de pouvoir tâter de ce Killer is Dead, la nouvelle production du studio japonais Grasshopper Manufacture. Par 2 fois j’ai été très agréablement surpris par des titres sans prétention et très loin des standards graphiques actuels mais qui jouissaient (et c’est toujours le cas ^^) d’une ambiance (entre autres) particuliérement réussie, offrant ainsi une expérience de jeu pour le moins originale si ce n’est unique.
C’est donc avec un certain degré d’exigence que je me suis plongé dans l’univers de Killer is Dead. Ayant fini l’aventure principale et ce après quelques jours de jeu, l’heure est maintenant au bilan et je vous propose donc de découvrir ce que j’ai pensé de cette nouvelle pépite made in le génial Suda 51.

killer01Vous incarnez Mondo Zappa un tueur à gage d’un genre un peu spécial fraichement embauché par une organisation secrète baptisée « Executioner Office ». Armé de votre sabre et muni d’un bras cybernétique, vous aurez pour mission de traquer et d’éliminer de dangereux criminels. Ces missions vous conduiront un peu partout sur la planète mais également sur la lune et feront peu à peu remonter à la surface le passé trouble et violent de la nouvelle recrue Mondo. Voila dans les grandes lignes l’histoire de Killer is Dead.
Ayant joué à la version japonaise du jeu qui dispose de voix UK/US mais pas des sous-titres, j’avoue que je n’ai pas saisi toutes les « subtilités » du scénario mais cela n’empêchè en rien de suivre la trame principale d’une histoire finalement assez basique dans son déroulement. Si les débuts sont un peu laborieux, ce qui vient par la suite est beaucoup plus intéressant pour finalement aboutir à une conclusion vraiment très classe aussi surprenante qu’originale.
Une histoire simple mais suffisamment efficace pour faire son office d’autant plus qu’elle conduit le joueur à travers le monde au cours de missions ayant chacune sa propre ambiance et son propre univers.

killer02En effet au cours du jeu Mondo sera amené à poursuivre des criminels dans différents pays comme la Russie ou encore le Japon. Mais ses obligations le conduiront également dans des lieux un peu plus insolites comme un manoir totalement psychédélique, un building « futuriste » et même son propre subconscient.
Chaque mission/monde est l’occasion de découvrir un nouvel univers à l’ambiance très particulière où se côtoient monstres bien glauques (le 1er boss par exemple XD), guerriers cybernétiques et autres bon gros délires. Ainsi ne soyez pas surpris si vous vous retrouvez à tenter de stopper un train démoniaque en Russie ou si vous croisez une licorne qui parle
Vu sous cet angle le jeu peut sembler totalement bordélique mais le fait est que tout est savamment organisé et finalement chaque monde se déguste comme un Kinder ou chacune des facéties délirantes des développeurs en serait la surprise. Après toutes les missions ne sont pas au même niveau et si certaines sortent carrément du lot (la traque du chef de clan yakuza au Japon est une vraie perle) cela n’empêche pas les autres d’être également prenantes grâce notamment à une bande son particuliérement soignée que l’on doit (comme d’habitude ^^ ) à Akira Yamaoka.
Encore une fois ce nouveau titre estampillé Grasshopper Manufacture tire son épingle du jeu grâce à un univers totalement barré et complétement assumé. Cela semble devenir une habitude pour le studio japonais mais ce n’est malheureusement pas la seule car à l’instar des précédents titres, Killer is Dead souffre d’une certaine faiblesse technique.

killer03Là on s’attaque à l’un des plus gros défauts du jeu, si ce n’est le plus gros, la faiblesse graphique et technique du titre. Ce n’est pas nouveau, les jeux du studio Grasshopper Manufacture n’ont jamais été des tueries visuelles, se contentant d’adopter un style graphique un peu particulier histoire de limiter la casse. Killer is Dead ne fait pas exception et se retrouve exactement dans le même cas de figure que ses ainés.
Affichant un style tout en « cell shading », le jeu ne brille pas spécialement par ses graphismes ou sa réalisation qui sont loin de rendre hommage à la PS3. Textures grossières, environnements peu détaillés et n’offrant que très peu d’interactions, level design ultra directif sans aucune fantaisie, caméra extrêmement capricieuse ou encore scintillement et hachure très désagréable lors des mouvements un peu rapide de cette derniére. Le constat est loin d’être brillant et pourtant le studio parvient encore une fois à faire passer la pilule grâce à une direction artistique sans faille. L’alliance du « cell shading » et de teintes particuliérement sombres donne au jeu une identité toute particulière dont la signature serait ces innombrables giclées de sang d’un rouge vif qui tranche radicalement avec la noirceur ambiante du titre. La mise en scéne est également très réussie avec quelques éclats de génie qui viennent rajouter un peu plus de crédibilité à des personnages qui sont un véritable atout pour le jeu. Même si leur modélisation laisse un peu à désirer, chacun et chacune (Scarlett <3) s’intègre parfaitement à l’univers du titre. Mention spécial à Mondo qui en plus d’être ultra charismatique bénéficie d’une prise en main simple et efficace.

killer04Ceux qui ont joué aux précédents titres du studio ne seront pas dépaysés en prenant en main Killer is Dead. A mi chemin entre Shadow of the Damned et Lollipop Chainsaw, le gameplay de Killer is Dead emprunte ce qu’il y a de mieux à ces 2 titres tout en apportant quelques petites nouveautés/améliorations. On notera par exemple l’apparition d’un système de « hit combo » qui une fois qu’il a atteint un certain niveau permet d’accéder à des « finish move » bien classieux. Autre nouveauté très utile le « Dodge Burst » qui s’enclenche lorsque le joueur parvient à esquiver une attaque dans un timing bien précis. C’est le mouvement idéal pour faire monter sa jauge de combo car pendant un cours laps de temps l’action est ralentie et Mondo peut alors s’en donner à cœur joie pour charcuter ses ennemis. Enfin derniére petite nouveauté au niveau de la gestion des soins. Pas de kits de soins ou de sucettes pour se soigner et la santé ne remonte pas toute seule enfin presque pas. En fait sous la barre de vie (représentée par des cristaux), il y a la jauge de « sang » (symbolisée par des roses). Cette derniére a 3 utilités : elle permet d’abord d’alimenter le bras bionique de Mondo en munitions. Quand elle est pleine vous disposez d’une grande capacité de feu mais une fois vide vos tirs sont lents et peu puissants. La jauge de sang permet également la réalisation d’ « exécutions rapides » en mode « Dodge Burst » mais elle sert aussi (et surtout) à soigner Mondo. C’est au joueur de choisir en fonction de la situation de l’utilisation qu’il souhaite faire de cette jauge. Pour le reste c’est somme toute assez classique. Un bouton d’attaque au sabre, un autre pour forcer la garde, un 3éme pour la garde/esquive et le systéme de tir/ »Dodge Burst » géré avec les gâchettes. Le tout fonctionne plutôt bien une fois les problèmes de caméra surmontés. Notez qu’il est également possible de récupérer d’autres formes pour le bras bionique de Mondo (foreuse, pistolet laser…) tout comme de nouvelles aptitudes pour Mondo. Il sera bien entendu possible d’améliorer tout cela en cours de partie mais le mode histoire à lui seul ne suffira pas, ce dernier étant terriblement court.

killer05L’histoire comporte en tout et pour tout 12 chapitres, un chiffre un tantinet faiblard quand en plus certain d’entre eux peuvent se boucler en quelques minutes voir quelques secondes. En plus de cela le jeu est extrêmement facile et ce malgré quelques problèmes au niveau du dosage de la difficulté. En fait le joueur lambda qui va se lancer dans Killer is Dead risque au final d’être très déçus car en difficulté « normal » le jeu ne propose aucun challenge et peut se boucler en 5-6 heures facilement. Pour les autres joueurs, ceux qui sont accros au scoring ou à la chasse aux trophées, c’est une toute autre affaire. En plus d’un mode « très difficile » qui se débloque après avoir fini le jeu (je ne l’ai pas encore testé donc je ne sais pas ce qu’il vaut), il y a également toute une tripotée de missions annexes (environ 1 petite 40aine en plus du mode histoire) qu’il sera nécessaire de finir en obtenant le meilleur rang possible (AAA) pour pouvoir débloquer les bonus du jeu. Ces missions n’apportant rien à l’histoire, elles sont surtout là pour mettre un minimum à l’épreuve le talent des joueurs ce qui les rends largement dispensable pour le commun des mortels. Par contre les missions qui risquent de plaire au plus grand nombre sont les missions Gigolo. Je n’en dirait pas plus à leur sujet et je préfère vous laissez les découvrir par vous même mais ce qui est sur c’est qu’elle sont vraiment amusantes et plus compliqué qu’il n’y parait (surtout si vous ne disposez pas des lunettes à rayons X).

killer06 Vous m’auriez demandé ce que je pensais du jeu il y a encore quelques jours, je vous aurais certainement parlé de déception et même de « foutage de gueule » ( une mission qui dure une 40aine de seconde nan mais oh!!!). Pourtant aujourd’hui après fini le jeu, j’avoue que j’ai bien envie de le classer comme le meilleur titre du studio sur cette génération de console rien que ça. J’ai vraiment eu du mal à rentrer dedans et il est vrai que le titre est loin d’être sans défauts à l’instar de ses prédécesseurs mais il s’en dégage ce petit quelque chose qui donne envie d’y revenir encore et encore. Il faut dire que l’imagination de Suda 51 ne semble pas connaitre de limites et chacun de ses jeux entraine le joueur dans un monde totalement unique. C’est évidement le cas de ce Killer is Dead qui renouvelle encore une fois l’univers du studio dans son ensemble et il faut reconnaitre que réussir ce genre de prouesse à une année d’intervalle c’est un sacré tour de force.
Bref si vous avez aimé des titres comme Shadow of the Damned ou Lollipop Chainsaw alors il y a de fortes chances que Killer is Dead vous plaise également. Des persos ultra charismatiques, des méchants complétements barrés, un univers bien chelou mais aussi très mature et de l’action en veux-tu en voilà sont des arguments de poids pour un jeu qui vaut vraiment le coup d’œil.
Pour ma part le jeu ne m’a pas encore révélé tout ses secrets mais je vais très certainement attendre la sortie de l’édition collector européenne pour me replonger dans le titre histoire de bien comprendre toutes les consignes des missions annexes et gigolos (oui quand tout est en japonais c’est pas forcément évident à comprendre XD). J’en profiterais d’ailleurs pour faire un petit déballage comparatif entre l’édition collector européenne et la « premium edition » japonaise… so stay tuned ^^

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5 Responses to [Test] Killer is Dead

  1. NeoDandy dit :

    Je reste partagé sur ce Killer is Dead. J’ai même cru lire ce matin que la version Japonaise se vendait encore moins que Lollipop Chainsaw … Est-ce que Suda51 aurait trop déclaré son amour aux consoles actuelles ?

    Ce qui me gêne et ce qui est d’ailleurs souligné dans ce test ce sont les missions « Gigolo ». Une grande part de la com’ était basée là dessus alors que voir exactement comment se comporte le personnage de Mondo aurait été plus intéressant à mes yeux. Ayant d’autres priorités, il sera sur la liste de « Choses/jeux à faire » … Mais relayer à plus tard comme Lollipop Chainsaw dont je reste très mitigé par rapport aux autres productions Suda51.

  2. AseSino dit :

    Merci pour ton avis , j’ai hâte de l’avoir et encore plus depuis que je l’ai testé au Japan Expo.

  3. Kenshiro dit :

    Bonjour et merci à toi kawakawakun pour ce test de Killer is Dead ! Du coup je l’attends de plus en plus fermement !

    Mais c’est en tant que fan des productions Made in Suda que je t’écris. Tu ne dis avoir fait que Shadow of the Damned

    • Kenshiro dit :

      Et Lollipop Chainsaw, et je viens te conseiller Killer 7 et No More Heroes. Si tu as aimé ces deux jeux dont tu parles (et surtout Killer is Dead je pense), tu devrais aimer puissance mille ces deux derniers !
      Voila, petit conseil vidéoludique, et encore merci pour ton avis sur le jeu ! 😉

  4. kawakawakun dit :

    @NeoDandy: C’est vrai que les chiffres de vente du jeu au Japon sont loin d’être satisfaisants surtout en comparaison de ce qu’avait fait Lollipop Chainsaw à sa sortie. Pour autant Killer is Dead effectue un score de vente sur la 1ére semaine tout à fait honorable par rapport aux autres jeux du studio. Maintenant c’est vrai que compte tenu du planning relativement chargé en titre AAA je comprends que Killer is Dead puisse être relayé au rang de titre « à faire quand j’aurais le temps » mais pour moi qui suis gavé des gros blockbusters qui se ressemblent tous, les jeux de Suda sont une vraie bouffée d’oxygène que je ne raterais pour rien au monde.
    Enfin en ce qui concerne les missions gigolo effectivement elles constituent l’une des quelques « curiosités » du titre mais sont loin d’en être le principal pilier. La com à effectivement pas mal tourné autour de ces missions (mais pas seulement) alors qu’au final elles ne représentent qu’une petite partie du jeu. C’est une façon comme une autre d’appâter le chaland à l’instar du jeu « Catherine » que la com présentait comme un jeu à forte tendance sexy alors qu’au final il est bien plus ça.

    @Kenshiro: Merci pour les conseils ^^ Pour Killer 7 il fait parti des titres que je cherche à acquérir (mais pour le moment je ne l’ai pas encore trouvé). En ce qui concerne No More Heroes, j’ai les 2 opus sur Wii ainsi que la version Ps3 mais je n’ai toujours pas pris le temps de me lancer dans l’aventure … Peut être après Killer is Dead qui sait ^^

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